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Si la valeur de la vie ne peut se mesurer que par le nombre de fois où l'on a éprouvé une passion ou une émotion profonde, on comprend mieux la détermination des pilotes à vivre pleinement leur passion. Mais doit-on risquer sa vie pour mieux la vivre? Il y a là un paradoxe que l'on ne s'explique pas, comme si le bonheur ne pouvait se situer ailleurs qu'à la frontière de la vie et de la mort. Malheureusement, c'est toujours à la suite d'un accident fatal que nous sommes amenés, parent ou ami, à nous interroger sur l'intérêt de pratiquer ce sport à trop hauts risques. N'y a t-il pas assez de poids dans la balance pour pouvoir décider de s'arrêter? Le seul fait que tout licencié reconnaisse le sport automobile comme étant très dangereux ne suffit-il pas, à un moment donné, à prendre la décision de s'arrêter pendant qu'il en est encore temps? Les réponses à ces questions paraissent évidentes quand elles sont posées à quelqu'un qui n'est pas passionné. Elles le sont bien moins quand on les pose à un équipage. On comprend alors que la passion a ses raisons que, justement, la raison ignore. Car prendre le départ d'une compétition automobile, c'est pénétrer dans un autre monde. Le pilote endosse une autre personnalité au travers de laquelle il éprouve une sensation inouïe de bien-être. Grâce à une cybernétique hors du commun, il est en phase avec cette force intérieure qui lui imprime la précision de ses gestes. Cette harmonie n'a de limite que celle dictée par son instinct de survie, lui-même lié à son âge. Mais un concours de circonstances souvent imprévisible peut tout briser en une fraction de seconde, incalculable car trop infime.
PhF
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